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Quand l’amour devient refuge : immersion au cœur de la Cabane de Mathilde

  • Marjorie Michau, Thanadoula
  • 20 janv.
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : 21 janv.

Accompagnement d’une famille en deuil, atelier proposé par l’association "Dans les yeux de Mathilde". Un espace pensé pour accompagner à plusieurs voix.




L'association "Dans les yeux de Mathilde" à Solliès-Ville (83)


Il y a peu, j’ai rejoint une association d’une grande beauté, tant par sa mission que par l’humanité qui l’anime. Elle s’appelle « Dans les yeux de Mathilde » et accompagne les familles confrontées à la fin de vie ou au deuil d’un enfant. 

À l’origine de cette association, il y a le combat d’une maman, Nathalie Cholin, dont la fille a rejoint trop tôt les étoiles. Un combat intime et douloureux qu’elle a choisi de transformer en un immense acte d’amour, offert aux autres.


De cette association est née "La Cabane de Mathilde", un espace pensé comme un refuge, un lieu d’accueil et de soutien. Aujourd’hui, la Cabane fédère 36 soignants et praticiens d’approches non médicamenteuses, unis par une même éthique de douceur, de respect et d’écoute.

Concrètement, Nathalie accueille les familles, prend le temps de les rencontrer, de les entendre. À partir de leurs besoins, de leur histoire et de leur temporalité, elle co-construit avec elles un accompagnement sur mesure. Elle fait appel à des intervenants individuels ou imagine des ateliers collectifs, où plusieurs praticiens croisent leurs regards et leurs compétences.




C’est dans ce cadre que je suis intervenue au mois de décembre, auprès d’une famille endeuillée, à l’approche des fêtes de fin d’année. Si cette période est pour beaucoup synonyme de magie et de rassemblement, elle peut devenir, pour les familles en deuil, un temps particulièrement éprouvant.


L’atelier, d’une durée d’une demi-journée, a été co-construit par trois thérapeutes : Edwige Meiffren, Sonopraticienne et Conseil en Olfactologie, Corinne Borgniet, art-thérapeute, et moi-même, accompagnante émotionnelle de la fin de vie, du deuil et de la résilience (Thanadoula).

Nos approches singulières se sont entremêlées dans une complémentarité riche, portées par une intention commune : envelopper ce temps de deuil et apporter de la douceur, à l’approche des fêtes.


La famille, composée de neuf personnes dont trois enfants, a été accueillie avec soin. La journée a débuté par un temps de recentrage proposé par Corinne : un moment pour revenir à soi, observer sa « météo intérieure ». Comment est-ce que je me sens, ici et maintenant ? 



Voyage intérieur : la petite lumière du coeur


Nous nous sommes ensuite installés en cercle, sur un parterre de coussins. J’ai alors guidé une visualisation intitulée « Voyage intérieur : la petite lumière du cœur ». Une invitation à aller à la rencontre de ce qui est douloureux, pour y déposer de la lumière. Peu à peu, chacun est amené à contacter cet espace du cœur qui nous relie à l’être aimé. On découvre alors que, même au cœur de la souffrance, une lueur de joie et de paix cohabitent encore en nous. Qu’il est possible de faire revivre un souvenir heureux, de le ressentir à nouveau. Le lien ne meurt jamais : l’amour demeure, tel un fil d’or qui relie les êtres au-delà de l’absence.


Ce voyage intérieur était bercé par les sons enveloppants des bols chantants d’Edwige. Elle a également proposé des soins sonores individuels, qui permettent à chacun de se relier à ses sensations, de retrouver un ancrage et de soutenir ses ressources intérieures.



Quand l'émotion prend forme


Dans un second temps, Corinne a invité les participants à conserver en eux les émotions du souvenir traversé, puis à les traduire autrement : à travers un collage intuitif, réalisé à partir de magazines, d’images et de mots choisis. Une manière créative de donner forme à l’indicible.





Un outil sensoriel pour prolonger l'apaisement


En parallèle, Edwige a accompagné chaque participant dans la création d’un stick d’aromathérapie, pensé comme un ancrage sensoriel, un soutien à emporter avec soi, afin de prolonger les bienfaits de la matinée.


Les enfants ont également trouvé leur place. Accompagnés à tour de rôle par les thérapeutes, dans des espaces pensés pour leur âge, leur sensibilité et leur rythme, ils ont pu exprimer un souvenir ou une émotion à travers des coloriages et des collages.



Après ces temps de création et de soins, un espace de parole s’est ouvert. Un temps pour dire, pour se dire. Pour oser déposer les mots. Ceux qui le souhaitaient ont pu raconter le lien à l’être aimé, évoquer la relation singulière qui les unissait à elle, et sentir émerger, au cœur même de la douleur, la gratitude profonde d’avoir partagé sa vie.



L'atelier des pochons


Vint ensuite le temps de l’atelier des pochons, un rituel simple et symbolique. J’ai remis à chacun un petit pochon en tissu, les invitant à formuler un engagement : s’autoriser, quand cela devient possible, quelques instants de sérénité ou de légèreté, en lien avec l’être aimé. Ce n’est pas nier la douleur ou manquer de loyauté, c’est, au contraire, honorer le lien. Cet engagement a été écrit, en un mot ou une phrase, puis glissé dans le pochon, avant d’être délicatement scellé.

Pour accompagner ce moment, chacun a été invité à reprendre son stick d’aromathérapie, à respirer le parfum, à laisser celui-ci raviver le souvenir heureux traversé lors de la visualisation. Les participants ont pu ancrer dans leur corps cet apaisement, cette présence intérieure douce, comme un repère auquel revenir plus tard. 


Dans un dernier temps, chaque pochon a été relié à un fil de perles, formant une guirlande. Elle pourra être suspendue au sapin de Noël, ou dans un autre lieu de rassemblement, devenant un symbole vivant : celui de l’amour de toute une famille, d’une paix possible, d’une présence intérieure partagée.


Au fil des heures, les émotions ont circulé - parfois lourdes, parfois apaisées - toujours accueillies avec respect. Dans cet espace suspendu, la Cabane de Mathilde a tenu sa promesse : celle d’un lieu où la douleur peut être déposée, partagée et honorée, et où l’amour, lui, continue de vivre.


Marjorie





Fruit du hasard… ou de la grâce ?



La veille de cet atelier, alors que je finalisais la visualisation « la petite lumière du cœur », une invitation à rejoindre cet espace en nous où l’amour reste vivant, je suis passée « par hasard » au centre-ville de Saint-Cyr-sur-Mer. Le marché de Noël offrait ses lumières chaudes, ses parfums d’épices et son atmosphère particulière.


Un objet a attiré mon regard : une petite pancarte décorative.

L’inscription disait simplement : « Le cœur d’une famille, c’est l’amour ».


Elle était destinée à cette famille.

Comme un signe.

Un clin d’œil discret, offert à ceux dont le cœur écoute et dont le regard sait reconnaître l’essentiel.

La confirmation silencieuse que j’étais, nous étions, exactement au bon endroit.



Marjorie Michau

Accompagnante émotionnelle de la fin de vie, du deuil et de la résilience

(Thanadoula)

dans le Var (83)

et les Bouches-du Rhône (13)



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